Chaque citoyen canadien produit près de 400 kilogrammes d’ordures domestiques par année, soit l’équivalent de 40 sacs à ordures verts ! Une part importante – près de la moitié – de toutes ces ordures sont des matières organiques qui pourraient être facilement compostées.   Le compostage domestique constitue un excellent moyen de réduire la quantité de déchets envoyés au dépotoir. En consommant moins, en recyclant adéquatement et en faisant du compostage domestique, certains chercheurs ont estimé que chaque citoyen peut arriver à réduire le volume de son sac d’ordures de près de 85 % ! Cependant, bien que le compostage soit relativement simple à effectuer, il n’est pas à la portée de tous. Effectivement, le compostage est parfois difficile à effectuer par les gens qui vivent en appartement ou qui ne disposent pas de matières riches en carbone, comme des feuilles mortes par exemple.

 L’ABC du compostage

Le compost est un mélange friable et homogène – il a l’aspect d’un terreau de couleur noire ou brun très foncé – qui est principalement constitué d’humus provenant de la décomposition de diverses matières organiques. Ainsi, la fabrication du compost permet de se débarrasser d’une foule de déchets organiques tout en produisant, à peu de frais, un terreau aux propriétés exceptionnelles pour le sol et les plantes. De nombreuses matières organiques faciles à trouver, comme les résidus de table, les résidus de jardin, les rognures de gazon et les feuilles d’arbres mortes, peuvent entrer dans la composition du compost. Voici quelques conseils pour fabriquer votre compost :

Étape 1

Que vous le fabriquiez vous-même ou que vous l’achetiez dans un commerce, qu’il soit fait de plastique ou de bois non traité, optez pour un composteur – un bac à compost si vous préférez – aux parois latérales ajourées ou percées de trous, afin de permettre au tas d’être bien aéré, et muni d’un couvercle, pour éviter d’attirer certains insectes et animaux nuisibles. L’idéal est un composteur à deux compartiments faisant au minimum un mètre cube chacun, ce qui permet de faire deux tas en alternance. Les composteurs pivotants facilitent le retournement et l’aération des matières en décomposition, mais ne sont pas suffisamment grands pour qu’il y ait élévation de la température du compost. Installez votre composteur directement sur le sol nu dans un endroit bien abrité des vents et protégé des rayons du soleil d’après-midi, mais tout de même assez loin des arbres. Photo 1 Composteur Photo 1 : un composteur à deux compartiments est idéal pour le compostage domestique.

Étape 2

Il existe diverses techniques pour effectuer le compostage, mais je crois que la méthode par accumulation graduelle est celle qui convient le mieux à la plupart des gens. Cette technique permet de composter les matières organiques au fur et à mesure qu’elles sont disponibles. Toutefois, je recommande de débuter le montage du tas tôt au printemps avec des résidus de table frais et des feuilles mortes mises en sacs de plastique l’automne précédent. Les sacs doivent être perforés à quelques endroits afin que l’eau y pénètre et favorise une certaine décomposition des feuilles. Commencez par mettre au fond du composteur une couche de feuilles mortes d’environ 10 à 15 cm d’épaisseur puis, ajoutez des résidus de table en une fine couche de 2 à 3 cm d’épaisseur.

Étape 3

Durant les mois suivants, les matières riches en azote que vous mettrez dans votre composteur – des résidus de table, des résidus de jardin ou des rognures de gazon en couche de 2 cm d’épaisseur – devront être recouvertes par une couche de feuilles mortes de 5 cm. Toutes ces matières se décomposeront plus rapidement si elles sont déchiquetées et bien humides, sans toutefois être détrempées. Ajoutez une fine couche de terre ou de vieux compost tous les 30 cm afin d’apporter les micro-organismes essentiels à la décomposition des matières organiques. Photo 2 Feuilles mortes Photo 3 Déchets de table Photos 2 et 3 : De nombreuses matières organiques peuvent entrer dans la fabrication d’un compost : Résidus de table, marc de café, coquilles d’œufs, résidus de jardin, aiguilles de conifères, cendre de bois, rognures de gazon, feuilles mortes, etc.

Étape 4

Vous pouvez continuer à mettre des matières organiques dans votre composteur durant l’hiver. Cessez toutefois d’en mettre vers la fin de l’hiver. Après quelques semaines, le compost prendra alors l’allure d’un terreau léger, friable, de couleur brun foncé presque noire, et possèdera une bonne odeur d’humus forestier : il sera prêt à être utilisé vers la fin du printemps, soit un peu plus d’un an après le montage initial du tas.

Étape 5

En terminant, n’oubliez pas que les produits laitiers, les huiles, les coquilles de mollusques, les carapaces de crustacés, les os et les viandes, les boues d’épuration ainsi que les excréments humains, de chiens et de chats ne doivent pas être utilisés pour la fabrication du compost domestique car ils peuvent contenir des pathogènes. Les jeunes mauvaises herbes peuvent être mises au compost, mais évitez celles qui portent des graines et celles dont les racines sont particulièrement agressives, telles le chiendent et l’herbe aux goutteux. Évitez également de mettre au compost les plantes infestées par des insectes ou par des maladies. Photo 4 Compost Photo 4 : Le compost est un amendement et un engrais merveilleux qui peut être épandu à la base des plantes ornementales et potagères chaque printemps.

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